Association des collectionneurs de timbres d'usage courant après 1900 et d'histoire postale moderne.
mercredi 1 février 2006
Épreuve éclatée de la Marianne à la Nef
La Marianne à la Nef est la première Marianne de la lettre simple intérieure à avoir été imprimée en 2 couleurs (si l'on oublie le type Mouchon où la faciale du type 1 était imprimée dans une deuxième étape). C'est aussi l'avant-dernier, seul le 0,25 Marianne de Decaris est aussi dans ce cas, il est donc exceptionnel d'avoir une épreuve "éclatée" sur une Marianne !
S'agissant d'un timbre typographié, chaque couleur correspond à un poinçon, cette épreuve comprend donc 2 empreintes.
Le poinçon de la Marianne, du bateau et de la voile a été utilisée pour la Marianne à 25F mais aussi pour la version à 0,25 nouveau franc.
Le poinçon du fond (ligné) n'est pas chiffré. Il a donné par copie un poinçon à 25F mais aussi un à 0,25 (resté non-émis) : en effet le 0,25 a bénéficié d'un fond plein et donc d'un nouveau poinçon, un changement qui n'est pas sans évoquer le passage de la Semeuse lignée à la Semeuse camée plus de 50 ans plus tôt.
Le poinçon ne porte pas les signatures mais 2 rectangles de couleur. A partir de mi-1959, peu après l'émission de ce timbre, que les poinçons sont livrés normalement sans signature(s) ; on connaît cependant quelques exemples contraires avant ou après (des épreuves sans signature(s) avant 1959 et des épreuves avec signature(s) après 1959. C'est toujours le cas actuellement et c'est systématique pour les épreuves d'ateliers (portant le timbre à sec de l'atelier ou de l'imprimerie) en taille-douce. Ce n'est jamais le cas pour les épreuves en typographie (y compris pour le 25F Marianne à la Nef). Cette absence de signature sur un poinçon typographié est unique à ma connaissance (hors épreuves d'état).
dimanche 1 janvier 2006
Mini super-aristo sur Marianne de Dulac autocollante
Carnet avec "mini" super-aristo du carnet autocollant Marianne de Dulac/Marianne de Lamouche
RE à côté du N°99
Cela va devenir un marronnier - terme de presse désignant un sujet facile car le sujet vient chaque année à la même époque - du site du Cercle des Amis de Marianne : un super-aristo sur le dernier carnet émis au Salon d'Automne à Paris reprenant cette année la Marianne de Dulac, après la Semeuse en 2003 et la Marianne d'Alger en 2004. Je vous renvoie d'ailleurs à la pièce de décembre 2004 (Super-aristo sur Marianne d'Alger autocollante) pour le calcul du nombre d'exemplaires théoriques de cette pièce : au plus 23 carnets !
Il est d'autant plus intéressant car comme le carnet 2003, la Marianne est particulière, le cylindre d'impression a été confectionné selon la méthode mécanique, donnant un type I pour le TVP Marianne de Lamouche.
Les "super-aristos" sont devenus mythiques à cause du premier carnet à avoir été affecté : le TVP Marianne de Briat "cranté" sans pont. Celui ci est très rare car il n'a duré que peu de temps (le pont central permettant après décollage de plier le carnet proprement a été rajouté rapidement) et que l'existence de cette pièce était peu connue. Pour la plupart des suivants, les collectionneurs bien introduits (ou des postiers) ayant en main des centaines de liasses les ont activement cherchés et il y en a un certain nombre dans les collections. De plus, si les premiers carnets proposaient des super-aristos "parfaits" (carré noir et repère électronique complets sur un carnet n°100) ce n'est plus le cas et ces petits super-aristos ont moins de saveur !
Il faut d'ailleurs noter que certains carnets ne sont pas connus avec le super-aristo sur le carnet n°100 ! Il semble qu'ils aient été mis de côté et détruits à l'imprimerie pour lutter contre la spéculation comme de vulgaires fautés. Et pourtant contrairement aux variétés accidentelles qui sont du point de vue de l'imprimeur des pièces naturellement vouées à la destruction, un super-aristo est un carnet qui relève du processus normal de fabrication et non pas d'un accident.
Les carnets mixtes avec leur tirage réduit et leur disponibilité aléatoire et limité dans les bureaux de poste (à part celui du Salon d'Automne) relancent chaque année la chasse au super-aristo !
jeudi 1 décembre 2005
Décalage de coupe sur roulette Marianne de Lamouche
Autopsie d'un fragment de 119 timbres extrait d'une bobine de 500 vignettes à l'effigie de "La Marianne des Français", numérotation au dos de 091 à 209.
Reconstitutions d'une bande de 11 par échantillonnage pris tous les onze timbres.
La bande centrale, timbres numérotés de 143 à 153. Mais l'examen d'un grand fragment peut nous apprendre ou nous rappeler certaines constantes de la fabrication et de l'impression des vignettes, comme les variétés de case constantes :
Un petit point blanc présent tous les 33 vignettes (N°123, 156 et 189), ce qui indique une variété constante du cylindre d'impression.
Zoom sur le point blanc pris avec microscope "QX5" (brancé sur un ordinateur). Par rapport à une numérisation habituelle au scanner, les reliefs de la taille-douce sont restitués. NDLR : Il est pour le moins inhabituel d'avoir une variété constante en taille-douce qui se traduit par un blanc, car cela correspondrait à l'ajout de matière. Il pourrait s'agir d'un défaut à la confection du cylindre selon la technique électro-mécanique (dite "numérique"). J'invite les lecteurs à regarder leurs roulettes pour valider l'aspect constant de ce défaut.
Ou encore des variétés inconstantes mais qui se répètent tout au long d'un tirage ou d'une partie du tirage :
Un tout petit défaut d'essuyage, mais présent que toutes les 11 vignettes (n°96, 106, ..., 196 et 206).
NDLR : encore un défaut curieux parce que présentant une certaine constance. Vu la nature de la variété et sa fréquence, il pourrait s'agir d'un défaut de surface du cylindre-essuyeur à un endroit.
Ou encore des variétés complètement inconstantes :
NDLR : Il s'agit de la variété connue sous le nom de "timbre plus grand". En feuille, on la repère à la dent plus épaisse en haut, j'avoue n'avoir jamais pensé à regarder sur une roulette ! Elle est provoquée par un réajustement du peigne perforateur, habituellement tous les 11 timbres.
Et les barres phosphorescentes, je n'ai pas grand chose à écrire dessus, n'ayant l'outillage nécessaire pour les photographier :
On peut constater qu'elles suivent l'impression de la Marianne.
NDLR : on a constaté que les piquages à cheval sur les presses TD6, le marquage phophorescent suivait la dentelure et non pas l'effigie. La dentelure étant ici normale (c'est la coupe verticale qui provoque la variété), le marquage phophorescent l'est aussi si l'on tient compte de la dentelure (horizontale) et de l'effigie.
N'hésitez pas à envoyer vos commentaires et réflexions au webmestre qui fera suivre.
N'hésitez pas à envoyer vos commentaires et réflexions au webmestre qui fera suivre.
mercredi 2 novembre 2005
Type Blanc préoblitéré sur colis postal
La circulaire n°697 du 23 septembre 1920, autorise l'emploi de "timbres-poste oblitérés par avance". "Cette mesure a pour but de supprimer le timbrage de ces objets et par suite d'en accélérer l'expédition". C'est ainsi que naissent les timbres-poste que les philatélistes dénomment les préoblitérés.
La loi du 20 juin 1923 créa un tarif dénommé "spécial préoblitérés", les timbres-poste reçurent à cet effet une surcharge non limitative dans le temps ni dans l'espace (surcharge AFFRANCHts POSTES à grands cercles). Ces timbres surchargés devaient servir à l'affranchissement d'imprimés en nombre (1000 exemplaires minimum) déposés, routés et enliassés.
Exceptionnellement on peut trouver ces timbres-poste sur d'autres supports que des imprimés en nombre.
Lors du retour des trois départements d'Alsace-Lorraine fin 1918, ceux-ci gardèrent certaines règles postales de l'empire allemand. Ainsi l'exploitation du service des colis postaux était faite directement par l'Administration postale et non concédée aux compagnies de chemin de fer et de navigation comme dans le reste de la France. C'est pour cela que les colis postaux d'Alsace-Lorraine continuèrent à être affranchis avec des timbres-poste.
La loi du 20 juin 1923 créa un tarif dénommé "spécial préoblitérés", les timbres-poste reçurent à cet effet une surcharge non limitative dans le temps ni dans l'espace (surcharge AFFRANCHts POSTES à grands cercles). Ces timbres surchargés devaient servir à l'affranchissement d'imprimés en nombre (1000 exemplaires minimum) déposés, routés et enliassés.
Exceptionnellement on peut trouver ces timbres-poste sur d'autres supports que des imprimés en nombre.
Lors du retour des trois départements d'Alsace-Lorraine fin 1918, ceux-ci gardèrent certaines règles postales de l'empire allemand. Ainsi l'exploitation du service des colis postaux était faite directement par l'Administration postale et non concédée aux compagnies de chemin de fer et de navigation comme dans le reste de la France. C'est pour cela que les colis postaux d'Alsace-Lorraine continuèrent à être affranchis avec des timbres-poste.
Le port acquitté pour les colis pesant plus de 5 Kg et jusqu'à 10Kg circulant à l'intérieur de l'Alsace-Lorraine est de 4 francs, suivant le tarif du 15 août 1920. À noter que la paire du 1,50 f type paix a été annulée en transit au bureau de Mutzig.
La taxe fiscale est matérialisée à l'aide de timbres fiscaux depuis le 15 août 1920. Ici 1 franc suivant le tarif du 9 août 1926 pour un colis de plus de 5 Kg.
La pièce que nous vous présentons est le seul colis postal affranchi à l'aide de timbres-poste préoblitérés connu à ce jour.
samedi 1 octobre 2005
Décalage des barres phosphorescentes sur TVP vert Marianne de Lamouche
Bande verticale de 10 TVP vert Marianne de Lamouche avec un décalage progressif des barres phosphorescentes. Entre la 3ème rangée et la 10ème il y a un repositionnement de 3 mm ; seul l'espacement entre les BP change : plus d'1 mm entre la 3ème et le 10ème.
Cette bande présente un décalage vertical important des barres phosphorescentes (figurées sur le scan par les barres jaunes). En haut, le décalage est très important car la ligne sans BP normalement située sur le bord de feuille se retrouve entre le 1er et le 2ème timbre. Ce qui est étonnant c'est que le décalage va en diminuant pour devenir mineur sur le bas de la feuille (à noter que le bord de feuille comporte la BP, donc le décalage est toujours très important et la feuille suivante devrait présenter un timbre avec BP réduite tenant à BP légèrement décalée voire même un BP tenant à sans BP).
Cette pièce est issue de la nouvelle TD 215 dont on connaît peu de chose à l'heure actuelle. Les timbres à l'unité se reconnaissent à leur papier très blanc sur lequel l'impression est très nette. A la lecture de cette bande, on s'aperçoit que le réglage de la synchronisation entre les BP et l'impression du timbre a été amélioré : on assiste en temps réel à un tel ajustement. Un autre facteur fait penser cette avancée technique : le fait que les décalages de BP deviennent plus rares : alors qu'avant on trouvait de nombreuses feuilles quand un décalage se produisait, maintenant ils sont éphémères.
jeudi 1 septembre 2005
Marianne d'Alger en Corse
L'expéditeur de cette lettre, adressée au Général de Gaulle, a bénéficié d'une franchise partielle (1,50 F au lieu de 3,00 F); il n'a acquitté que le montant de la surtaxe aérienne...
Cette Marianne d'Alger de France est utilisée en Corse libérée bien avant l'émission à Paris le 15/11/1944.
Type Marianne d'Alger, 1,50 F bleu, oblitéré (24/03/44) sur lettre de Corte (Corse) pour Alger.
Pièce n°49 du catalogue de l'exposition du Luc-En-Provence.
Cette Marianne d'Alger de France est utilisée en Corse libérée bien avant l'émission à Paris le 15/11/1944.
Type Marianne d'Alger, 1,50 F bleu, oblitéré (24/03/44) sur lettre de Corte (Corse) pour Alger.
Pièce n°49 du catalogue de l'exposition du Luc-En-Provence.
lundi 1 août 2005
Affranchissement gratuit présidentiel par Marianne de Cheffer
Lettre du 13 janvier 1969 pour le Gabon, flamme présidentielle indiquant la franchise et affranchissement avec un 0,40 Marianne de Cheffer apposé le 14/01/1969 au bureau de Paris 08 rue de La Boétie.
Le Président de la République Française a bénéficié de la franchise postale (pour les lettres qu'il expédie dans le cadre de sa fonction) jusqu'au 1er janvier 1996, date à laquelle la Présidence a commencé à utiliser une machine à affranchir. Après cette date, les envois à destination du président bénéficient d'une dispense d'affranchissement (le terme franchise est devenue impropre) par l'expéditeur, La Poste étant rémunérée par le destinataire.
Si la franchise était appliquée à l'intérieur, elle ne l'était pas par les postes étrangères. Pour éviter à ces lettres d'être taxées, l'affranchissement (sous forme de timbre(s)-poste) était apposé par le bureau de dépôt.
Cette pratique de l'affranchissement gratuit n'est pas unique, elle est bien connue pendant la première guerre mondiale sur les lettres des soldats à destination de l'étranger ; on connaît principalement des 25c Semeuse sur lettre et des 10c Semeuse sur carte postale. Elle a aussi existé pendant d'autres guerres.
Ces plis se caractérisent par un premier timbre-à-date apposé par le bureau d'origine. Le bureau apposant le timbre oblitère ce dernier avec son timbre-à-date, généralement différent (ce n'est pas le même bureau !) et daté du lendemain ou de quelques jours après.
Ces plis ne sont pas fréquents du tout ! Ils constituent un aspect tarifaire inhabituel et original et sont un témoin historique (la date permettant de savoir quel est le Président concerné, il s'agit ici de Charles de Gaulle). Le contenu est très rarement de la main présidentielle, il s'agit le plus souvent d'une réponse à des voeux de nouvel an, effectuée par le service secrétariat de la Présidence. L'affranchissement n'est pas toujours une Marianne, le tarif pour l'étranger ayant longtemps été du ressort d'un touristique d'usage courant, sauf bien sûr à bénéficier du même tarif que l'intérieur.
L'enveloppe présentée est affranchie d'une Marianne de Cheffer à 0,40 qui correspond au tarif intérieur et peut-être à un tarif spécial pour le Gabon au titre d'ancienne colonie (le "Table of French Postal Rates" par Derek Richardson semble indiquer un tarif de 0,50 : alors, erreur du lecteur, du rédacteur ou de la Poste qui a utilisé l'ancien tarif ?).
Il s'agit un peu (!) d'un premier jour de tarif, car même si le timbre a été apposé le lendemain, la "date de la Poste faisant foi" est celle de l'oblitération SECAP de la présidence et correspond, en premier jour, au tarif du 13 janvier 1969 qui a introduit le courrier à 2 vitesses.
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